Concours photo de la FAO : le composteur, mon saule et une tablette à gagner

Composteur du square Weiden à Issy-les-Moulineaux (92)

Dans le cadre de la Journée internationale des forêts le 21 mars dernier la FAO (l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture) a organisé un concours photo légendé, récompensé par une « tablette électronique »


Mais est-ce la photo ou l’histoire qu’on en raconte qui prime ? Quoiqu’il en soit, il est demandé de parler d’un arbre qui nous fait du bien, proche de chez soi. Une façon d’éveiller les consciences à la nécessité de sauver les forêts — même s’il n’y vit pas — en focalisant l’attention sur le bien-être qu’elles nous procurent ?

Le thème de ce 21 mars 2021 étant justement : « La restauration des forêts : un chemin vers la guérison et le bien-être » Si jamais reconnaître leur légitimité à être là, indépendamment de notre espèce humaine, cela ne suffit pas

Ma contribution au concours : une écologie globale

Légendée de 140 mots maximum, ma contribution vise à promouvoir la vision d’une interconnexion vertueuse entre l’environnement et les actions humaines

Mon arbre, c’est un saule de ville, qui vit dans le square Weiden à Issy-les-Moulineaux. Surplombant le composteur, il crée la connexion globale que j’aime ressentir, une fluctuation d’échanges qui prennent soin du vivant.

Tandis que j’éprouve l’effort bénéfique à brasser le compost, je respire à plein poumons effluves nauséabondes ou manteau d’oxygène, protecteur en cas de pluie. Le cabas y attend bien au sec, et les mains noircies se frottent de plaisir à l’écorce nettoyante. Lorsque je fatigue, j’appuie mon oreille sur le plus petit des troncs, et je jalouse l’araignée qui y trouve sa maison.

J’écoute le saule, le remercie d’être là, alors je baille d’apaisement. Apprécie-t-il ma présence joyeuse ? En partant ou en y revenant, je saluerai encore du bout des doigts les petites feuilles qui dansent dans le vent

Gagner une « tablette électronique » qui ravage les sols et les forêts

Pour mobiliser les gens en faveur d’une reforestation ethnocentrée – focalisée sur les services que la forêt nous rend, au lieu du simple fait de son existence abondante avant qu’on la détruise –, on leur promet donc une tablette. Une tablette issue de la déforestation et de l’injection de matières toxiques dans les sols. Même si le numérique limite l’abattage des arbres destinés à la fabrication de papier

Numérique versus papier ? Encourager le durable

ConsoGlobe apporte une réponse, relative en fonction du temps passé devant l’écran, de la quantité de livres lus dans l’année, etc. Mais une réponse difficile à estimer, tant les industries papiers et numériques sont polluantes. C’est d’abord l’usage qu’on en fait qui permet de réduire leur impact environnemental.

Offrir une tablette à un concours ne fait qu’encourager le renouvellement déjà trop fréquent des appareils, pour lesquels on dépouille la planète de ses terres rares : la vidéo montre justement l’exploitation de l’étain dans une île indonésienne, ainsi que ses conséquences sur la population humaine.