Les plantes sauvages comestibles, une transmission essentielle

Photo: Simon Rae sur Unsplash

Le savoir des plantes sauvages, victimes de normes hors-sol, s’est effondré au siècle dernier. Mais nous sommes nombreux, avides de le reconquérir. Partageons donc nos chemins de cueillette, pour réensauvager les consciences et la planète


Manger les plantes du quartier

Mon plaisir, c’est cultiver l’habitude de me nourrir, autour de chez moi, des 5 plantes sauvages comestibles que je connais suffisamment bien (hormis toutes les plantes à fruits et à légumes répandues dans notre alimentation). Et mon grand plaisir, en balade, c’est celui du hasard d’un partage.

C’est formidable d’avoir une histoire à raconter, comestible ou bonne pour la santé, à des personnes curieuses, qui ne connaissent pas grand chose d’autres que leurs histoires de grand-mères.


Transmettre et se relier au vivant

C’est formidable d’avoir un petit quelque chose à transmettre, que tant d’autres ignorent. Et qui la plupart du temps m’ignorent, d’ailleurs, lorsque je farfouille dans un champ d’orties, au bord d’une allée d’un jardin public. Et puis, je ne suis pas toujours d’humeur à annoncer ce que je cueille : je cède souvent à la ronchonnade d’un monde assassin qui a décimé les forêts primaires.

C’est pourquoi, j’aime bien fouiner devant les enfants qui prennent le temps de jouer, le nez au vent, demandant à leur parent 1 ou parent 2 : « Qu’est-ce qu’elle fait la dame ? ». La petite voix me ragaillardise, du coup j’aime bien m’incruster, et tenter de planter quelques graines de conscience sauvage, dans les cerveaux de tous âges.

Cueillir, c’est désobéir malgré soi

Parce que ce n’est pas formidable du tout d’être hors-la-loi, à l’antipode de la loi du vivant empêché de faire pousser de petites communautés humaines, dans des forêts libres et foisonnantes. Et au bord des rivières…

Cueillir de la berce au parc de Saint-Cloud (92), tôt ou tard décimée par les jardiniers, est un acte interdit, puisque c’est dans un jardin public. Cueillir, c’est un acte de désobéissance, mais un acte en conscience : je prends toujours le temps de choisir – comme de me ruiner les abdos – les feuilles et les rares fleurs que je cueille. Dans mon intérêt et celui de la plante, et en la remerciant.

C’est formidable, et ce n’est pas formidable du tout, la transmission de l’écosystème nourricier perdue au fil de l’Histoire. C’est formidable d’apprendre en balade avec François Couplan – à qui je dois ma confiance en notre vision partagée du monde – ou avec Christophe de Hody. Mais ce n’est pas formidable du tout de payer, cher, une heure ou deux, par-ci par-là, pour ensuite se trouver seule devant un bouquin. Sans lien quotidien à faire fructifier, envers un même groupe d’humains et un même groupe de plantes.

On partage nos cueillettes ? Contactez-moi

Mais mon plaisir, ça reste bien ces rencontres de passage, autour des plantes sauvages comestibles. Avez-vous, vous aussi, des astuces et des coins à partager ? Et si nous nous rassemblions, un prochain printemps, au parc de Saint-Cloud (92) ou sur les chemins d’Île-de-France ? Ou bien, au plaisir d’une rencontre fortuite, ici ou là : en France, en Europe ou dans un coin nord-américain, je le veux bien !