Confinement 2020 : les belles choses, et quelques agacements

Lorsque l’annonce du confinement nous a frappé comme un coup de massue, le 16 mars 2020, je n’imaginais pas que j’en publierais un album photos ; que j’aurais plaisir à saisir au vol des photos de plantes qui s’étalent partout, de dessins d’enfants ou de mains tendues


Et je regrette d’en avoir laissé filer, sans appareil photo sous la main. C’est-à-dire sans téléphone coincé dans une poche riquiqui, encombrée par une carte d’identité et une attestation de sortie pliée en 4.

Appel à la déambulation

C’est que ça fait du bien de déambuler les bras flottant au vent, de se relier sans l’entrave d’un sac aux éléments ; lorsqu’on est empêché de marcher des heures durant, jusqu’au parc de Saint-Cloud fermé aux gens.

En évitant de râler de croiser sur le trottoir, des personnes qu’on pourrait laisser à une bonne distance sociale, dans le lointain d’un grand parc francilien ! Oui, éviter de râler de vivre en France, qui restreint les sorties oxygénantes, d’abord à 2, puis à 1 km. Tandis que, au contraire, le ministre de la Santé allemand recommande l’usage du vélo !

Éviter de déprimer, aussi, pour l’événement annulé de Reforest’Action, le 21 mars dernier en Seine-et-Marne.

Appel au silence

Éviter, encore, de hurler à la face du maire, de hurler sur un entrepreneur en BTP, lorsque reprend courant avril le gros chantier juste en face de ma fenêtre.

Chantier « Coeur de ville » à Issy-les-Moulineaux, en face de ma fenêtre. Ou comment accoucher d’un blog aux forceps, en temps de confinement, sans échappatoire en bibliothèque

Alors, oui, sourire à la vie, se relier au vivant, et aux vivants. Et finalement, se réjouir de s’effacer – un éphémère bien dérisoire – pour laisser batifoler les mondes minéral, animal, végétal, tant brutalisés par les dirigeants qui réduisent les gens, à l’impuissance d’un grand changement.

Appel aux gens

Car, dans ce temps forcé de retrait social, découvrir les traces impromptues de plantes en pagaille, bouquins faussement égarés, petits mots et dessins m’ont été une source de joie véritable.

Les enfants
Vos traces m’ont enthousiasmée, les enfants. Vous qui m’avez rendu les marelles de mon enfance. Pourvu que, quand l’été sera passé, vous gardiez cet esprit frondeur, à graver sur les chemins buissonniers vos petits noms, vos mots d’espoir. Mais à la craie de trottoir écologique, j’espère, à acheter ou à fabriquer soi-même.

Les absents
Et à côté des belles choses, je me souviendrai, aussi, que beaucoup sont partis, que beaucoup les ont pleurés, sans jamais pouvoir se toucher. Je me souviendrai, aussi, comme l’a justement évoqué Léa Salamé lors de la matinale sur France Inter, que ce temps de confinement a, en quelque sorte, sacrifié la jeunesse aux aînés. D’avantage encore, en Espagne, en interdisant aux enfants, durant de longues semaines, de sortir pour jouer.

Appel à la vie

Ce manque de contacts, d’air mouillé ou de vent, l’évitement forcé des autres, mon corps en gardera la trace. Comme il regrettera la solitude tranquille d’une ville, déjà disparue. Comme il se rappellera s’être apaisé, pour avoir un jour enlacé l’épicéa du jardin d’en bas.

Le monde végétal
Me souvenir des belles choses, c’est me souvenir de la vie qui jaillit dans ce manque. Et qui, de ce manque, jaillira encore plus fort, je l’espère : du manque de l’odeur des forêts d’avril, du manque d’herbes folles sous les arbres de juin.

Alors, merci aux vivants d’être, simplement, de pousser et, surtout, de repousser.


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s