Génération X ? Appelez-moi plutôt « Xennial »

Photo de docentjoyce sous licence CC BY 2.0

Née en 1975, je suis de la génération X. Mais à 2 ans près, je m’engouffre dans la microgénération des Xennials (1977-1983), un groupe à la marge où je me reconnais bien d’avantage. Même en marginale du numérique


(In)définitions marginales

Je suis peut-être née en 1975, j’ai intégré la fac de psycho à 22 ans. Est-ce pour cela que je me reconnais d’avantage en une Xenniale ? C’est d’ailleurs en salle informatique que j’ai créé sur Caramail ma première adresse de messagerie, considérée comme un marqueur d’appartenance.

La fourchette de la génération X a beau s’étaler entre 1961 et 1981, ou entre 66 et 76 – selon les concepteurs – il est bien sûr absurde de cataloguer précisément les gens. Et puis, « Les filles de 1973 » que chante Vincent Delerm, j’en fais aussi partie : Rain Man vu 3 fois, riz envoyé en Somalie, bracelets brésiliens et Best Montana…

C’est pas Xennial de naître sous X

Ceci dit, j’exprime toute ma reconnaissance à l’auteur anglophone Sarah Stankorb, qui à mis au jour en 2014 une tranche d’âge plus joyeuse et plus optimiste ! Ce qui me permet de m’identifier à autre chose que la X dite « Bof génération » ou « génération sacrifiée ».

Parce que grandir parmi les natifs de 1975, surtout s’ils sont français d’Île-de-France, c’est grandir dans un paquet de désenchantés qui font la gueule, celle de leurs parents accablés par les crises pétrolières et par le Mitterrand de 81 ou de 83, selon les tendances.

J’ai donc eu la chance de connaître, entre 6 et 8 ans, un climat d’allégresse inconnu des enfants de giscardiens, ça forge déjà une personnalité ! On peut en raconter des salades, à mettre les gens dans les cases.

Définir la génération Xennial1

Alors, quitte à en avoir une, de case, je me range volontiers dans celle qui ne définit pas, qui désigne plutôt les Xennials comme à la limite de 2 générations, ou comme un pont entre elles 

  • Entre deux générations :

Microgénération ou génération intermédiaire entre le groupe de la Génération X – que nous considérons comme les enfants dépressifs (…) qui suit les baby-boomers – et les Millennials, qui sont décrits comme optimistes, techniquement avisés et peut-être un peu trop sûrs d’eux et trop confiants

Dan Woodman

Laissons le choix du mot « trop » à l’auteur étouffé sous X, sous une génération passive, en manque de repères ; en perte d’estime face à des plus jeunes, plus entrepreneurs, à la parole libérée ? Entre les dépressifs et les optimistes viennent s’intercaler à point les ronchonnades joyeuses de mon blog d’entre-deux mondes.

Et je me retrouve dans une recherche d’équilibre, dans la friction entre la parole inexprimée et l’affirmation de soi. Comme dans la résolution des conflits avec soi-même que cela provoque. C’est sans doute cette zone qui rassemble les Xennials : celle d’une corde d’un funambule qui se déséquilibre et se rééquilibre, à relier 2 rives en permanence

  • Entre deux mondes :

Ils sont la génération de l’ambivalence. Ils aiment les hamburgers, mais se soucient du bien-être animal. Ils ont lu des livres, mais se contentent des titres d’actu sur les réseaux sociaux. Ils aspirent à l’authenticité, veulent du temps pour eux, mais ont du mal à se déconnecter et font des burn-out. Ils sont en permanence sur une ligne de rupture 

Samuel Dock

En ce qui me concerne, remplacer « les hamburgers » par « manger des animaux adultes, c’est-à-dire filet de bœuf bio ou d’Aubrac ou une volaille, y compris du poulet, qui est un adolescent (ce qui me crève le cœur, mais je fais comment pour m’en passer sans succomber aux tensions externes et internes ? – parce que le poulet certains dimanches, ça fait 45 ans que ça dure) »

Ou préciser « se déconnecter de l’ordinateur fonctionnant sur distribution libre – à savoir Ubuntu, l’Internet mobile, énergivore et destructeur, étant réduit au très strict minimum »

Et les divergences d’usage du numérique ?

Parce que, voilà, pire que d’être une native de 75 à la marge des X, des Xennials ou des femmes françaises quadragénaires, c’est d’être reléguée à la marge de l’humanité connectée, quand on vit par choix sans Internet mobile.

La sobriété numérique en exclusion
Or, même si l’invasion du smartphone est intergénérationnelle, les technologies du numérique constituent le principal marqueur de classement, des Boomers jusqu’à la génération Z. Ce classement laisse de côté tous ceux qui choisissent – ou subissent – la sobriété numérique, comme c’est le cas pour ces adolescents.

Ce qui met en évidence le défi qui se pose aux différentes communautés humaines d’inclure la diversité, la divergence de valeurs, d’opinions… Un défi facile aux Xennials ?

Les mêmes logiciels sur bureau et sur mobile
À ce propos, je ne veux pas me débarrasser de mon téléphone actuel – relégué au rang d’antiquité – au profit d’un beau joujou addictif pour pouvoir utiliser WhatsApp. Mais il existe bien d’autres systèmes fonctionnant sur bureau et smartphone, permettant de tous nous retrouver pour contribuer à un monde d’espérance. Ceci, quel que soit l’usage que chacun fait du numérique. Je vous en donne la liste ?

1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Xennials


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