7 petits podcasts (5:34) de confinement pour abolir la distance sociale et végétale

Ma contribution comme auditrice sur le répondeur de France Inter, durant mon confinement 2020 à Issy-les-Moulineaux (92), ainsi qu’en réponse aux questions de Guillaume Meurice (Par Jupidémie)


1. Carrefour Pont de Grenelle (0:33)

C’est Clara Lou, à Issy-les-Moulineaux, à 40 mn de marche de la maison de la Radio. Une marche impossible, en ce moment. Alors, je pars dans un souvenir des quais de Seine, du cri des mouettes, jusqu’au pont de Grenelle. La statue de la liberté, le poing levé, me montre un chemin, mais vers quoi ? La forêt de Meudon, au loin, un refuge qui me manque, ou la tour de TF1, pour briller à The Voice ? Et je rentre à la maison, ou je traverse le pont ? À bientôt, France Inter.


2. Compensation vocale (0:28)

Dis, Guillaume, elle me saoulent, tes questions. Moi, je voulais chanter une chanson : mon petit refrain, pour le monde de demain. Et au lieu de cela, tu voudrais quoi, que je raconte mon occupation la plus con ? C’est pour rendre les gens encore plus cons ? Ah ben tiens, je suis en train de le faire, on dirait bien, à ronchonner sur ce machin au lieu de chanter ma chanson qui fait du bien. Mais c’est l’occupation la plus con, vraiment, ou la plus essentielle ? À vouloir toucher les gens avec la voix, quand on ne peut prendre personne d’autre dans ses bras que sa propre mère.


3. Compensation pâtissière (1:03)

C’est Clara Lou, à Issy-les-Moulineaux. Qu’il est long ce confinement, ou déconfinement, peu importe, puisqu’il nous maintient toujours à distance. J’en peux plus des visioconférences, les vrais gens me manquent, alors je pars à la rencontre impatiente avec une bonne pâtisserie. Bon, bien sûr, la plus proche et la plus souriante du quartier est fermée – car même caché sous un masque, un sourire, ou plutôt un manque de sourire, c’est là qu’on réalise que ça se voit bien dans les yeux. Bon.

C’est donc toute contente d’une bonne trottinade que j’arrive à la 3è pâtisserie, ouf. Une petite fille dit à son papa : « Un gâteau pour… un gâteau pour… » Et à ce moment, pourquoi est-ce que je m’exclame : « Et un gâteau pour moi ! » ? C’est sans doute pour son regard curieux et chaleureux… Et soudain, un réflexe conditionné catapulte 1 mètre en arrière la main que je m’apprêtais à poser sur son épaule. Alors, je repars avec mille-feuille, éclair au chocolat ou macaron pistache, hum… Le boulanger confirme, les gens ont vraiment envie de bonnes pâtisseries, en ce moment.


4. Le poids d’un confinement urbain (0:55)

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C’est Clara Lou, à Issy-les-Moulineaux, et j’ai hâte de crapahuter de nouveau dans les campagnes et les forêts d’Île-de-France. En attendant, je continue d’explorer ma ville, et d’immortaliser sur mes photos les dessins d’enfants sur les trottoirs, ou les plantes qui poussent en pagaille. Je grimpe jusqu’à la jolie église sur la colline, et je promène fièrement ma nouvelle taille 36 jusqu’à une résidence verdoyante – reconvertie en salle de sport et studio de musique – et qui surplombe, surtout, un magnifique jardin vidé de tout être humain.

Je respire ce bon bouquet printanier, les oiseaux gazouillent, et ça sent tout autour la forêt et les crottes de chiens. Ah tiens, une cannette de soda au pied d’un arbre, hum… Je me baisse alors pour la ramasser, sauf que j’y arrive pas, je suis trop serrée dans mon pantalon avec l’attestation et la carte d’identité coincées en poche (mais taille 36 quand même, hein !).


5. Désobéissance végétale (0:26)

Ma ligne, c’est celle de la désobéissance végétale, parce que je risque une amende lorsque je vais arroser le potager du quartier, et ainsi faire pousser des légumes accessibles à tous, ou lorsque je vais cueillir des plantes sauvages comestibles, à 2 ou 3 km de la maison, et que je diminue ainsi mes visites au supermarché. Et tout ceci, en soufflant mon haleine repoussante de pissenlit amer sur les passants qui oseraient s’approcher trop près de moi.


6. Ensauvagez-vous ! (0:47)

Dis, Guillaume, est-ce que ma question a une chance de passer à l’antenne si elle parle d’autre chose que de ton nombril, de ma dépendance à l’héroïne dans le ventre de ma mère, du bip d’Alex, et si elle ne contient pas le mot bip ? – Oui, alors, je précise, ça, c’est la version censurée pour le blog, et si vous pensez que je manque de bip, eh ben oui, je confirme ! Donc, cher Guillaume, puisque c’est ainsi, ma question s’adresse à vous : Charline, Alex et toi, vous en avez fait quoi de votre rêve de permaculture et de Toscane ? Alors, puisque vous êtes toujours sur France Inter, puisque vous touchez du bout du micro la France entière, et de la même façon qu’un manifeste indigné à un jour soulevé l’Histoire, si vous disiez donc aux gens : Ensauvagez-vous !


7. Engagement virtuel (naissance d’un blog) (1:31)

C’est Clara Lou, à Issy-les-Moulineaux, toujours empêchée de me rassembler avec des gens. Tout ça à cause d’un virus libéré par la déforestation massive, qui m’a empêchée de participer à une action de reforestation en Seine-et-Marne. Du coup, je cherche sur Internet comment agir depuis chez soi pour la planète, et je cesse de faire la gueule en devenant une confinée entreprenante et dynamique. Parce que le climat de la maison étant plutôt à la dépression, et quitte à vouloir agir localement, autant commencer par soigner le climat moral pour alléger l’atmosphère familiale.

Alors, je déambule joyeusement sur le Web, on y trouve plein de trucs intéressants ! De la communication animale, de l’anglais pour journaliste – alors que je ne suis pas journaliste, des tutos de salsa, de jive, un cours d’acoustique… Mais aussi comment écrire une chronique pour la radio, sauf que c’est pour le téléphone, et que je peux pas entendre ce que je racontes, et que de toute façon ça fait 3 semaines que j’essaye d’en venir à bout, pour enfin la finir à la fin du confinement.

Ça y est, je trouve enfin des actions concrètes pour la planète ! Sauf que, hein, en raison du coronavirus, devinez-quoi ? La formation, qui devait commencer en avril, est reportée en septembre prochain. Voilà. Et en plus, on est déjà début mai et j’ai 3 ou 4 cours à finir, que je ne finirai jamais. Et dire que je voulais agir… Je viens donc de créer un blog d’articles et de podcasts, les chroniques de mon urgence relationnelle pour la vie sauvage et la diversité humaine.